Certification HAS 2027 : le chapitre 2 « équipes de soins » fait du travail collectif le premier levier de sécurité
- 20 juil.
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Après le chapitre consacré au patient, le référentiel HAS 2027 place les équipes de soins au centre de l’évaluation, avec une attente forte sur la coordination, la maîtrise des risques et la pertinence des pratiques. Cette lecture donne aux cadres de santé un rôle opérationnel majeur : organiser, sécuriser, fédérer et rendre visibles les bonnes pratiques au quotidien.
Les équipes, pivot du parcours
Le chapitre 2 repose sur une idée simple : la qualité des soins dépend d’abord de la façon dont les professionnels travaillent ensemble. La HAS n’évalue donc pas seulement les compétences individuelles, mais la capacité des équipes à coordonner le parcours, prévenir les ruptures et sécuriser les étapes à risque. Cela concerne aussi bien les secteurs d’hospitalisation que les interfaces avec la ville, le domicile, les urgences ou les secteurs spécialisés.
Pour les cadres de santé, cette logique est essentielle. Ils sont les premiers garants de la circulation de l’information, de la cohérence des pratiques, de l’animation des réunions d’équipe et de l’articulation entre les différents acteurs du soin. Le chapitre 2 leur confie donc une mission de pilotage très concrète, au plus près du terrain.
Coordination des soins
L’objectif 2.1 porte sur la coordination des équipes pour la prise en charge du patient. Les critères liés à cet objectif couvrent la coordination entre consultations et hospitalisation, le partage d’un système d’information adapté, la conciliation médicamenteuse, la démarche palliative, la prévention des troubles nutritionnels, les secteurs interventionnels, la maternité, l’HAD, la psychiatrie, les transports intrahospitaliers et la préparation de la sortie. On est ici sur le cœur du travail collectif, avec une attente de continuité et de fluidité du parcours.
Le rôle du cadre de santé est d’assurer que cette coordination existe réellement dans l’organisation quotidienne. Cela suppose de vérifier que les transmissions sont fiables, que les professionnels savent à qui adresser l’information, que les procédures de sortie sont anticipées, fiche de liaison remplie et que les ruptures de parcours sont traitées comme des risques à part entière. Le cadre devient un chef d’orchestre du lien entre les métiers, les unités et les temporalités de prise en charge.
Maîtrise des risques
L’objectif 2.2 est centré sur la maîtrise des risques liés aux pratiques. Il regroupe les critères relatifs à l’identitovigilance, à la prescription, à la dispensation et à l’administration des médicaments, à l’approvisionnement des produits de santé, aux précautions d’hygiène, aux dispositifs invasifs, à la transfusion, aux urgences vitales, aux rayonnements ionisants et aux prélèvements biologiques. C’est un bloc très structurant, car il touche aux situations où l’erreur peut entraîner des conséquences immédiates et graves.
Pour les cadres, cet objectif implique une vigilance quotidienne sur les pratiques à risque. Ils doivent s’assurer que les règles sont connues, appliquées et contrôlées, que les écarts sont signalés et que les équipes disposent des moyens pour sécuriser les actes sensibles. Leur rôle est aussi de soutenir les audits, les rappels de bonnes pratiques et les actions correctrices, notamment sur le circuit du médicament et l’identitovigilance.
Secteurs à risques majeurs
L’objectif 2.3 concerne la sécurité dans les secteurs à risques majeurs : urgences, chirurgie et interventionnel, maternité, soins critiques, SAMU/SMUR, santé mentale et psychiatrie, radiothérapie. Les critères y sont plus ciblés, avec des exigences adaptées aux risques spécifiques de chaque secteur, par exemple la régulation médicale, la check-list opératoire, la sécurité du nouveau-né, la prévention du passage à l’acte suicidaire ou la prise en charge des patients en psychiatrie sans consentement. Cette spécialisation montre que la certification veut coller aux situations les plus sensibles du système de soins.
Le cadre de santé y joue un rôle de sécurisation renforcée. Il doit connaître les exigences propres à son secteur, s’assurer de leur appropriation par les équipes et veiller à la traçabilité des actions réalisées. Dans ces environnements à haut risque, sa fonction consiste autant à prévenir les défaillances qu’à structurer la réponse collective lorsque la situation se dégrade.
Pertinence et évaluation
L’objectif 2.4 porte sur la culture de la pertinence et de l’évaluation. Les critères encouragent les équipes à améliorer la qualité des soins à partir des recommandations, à argumenter la pertinence des prescriptions d’antibiotiques, à mettre en œuvre des soins écoresponsables et, en santé mentale, à analyser les indicateurs pour faire progresser les pratiques. On voit ici le passage d’une logique de simple exécution à une logique d’analyse et d’amélioration continue.
Le cadre de santé joue ici un rôle de moteur méthodologique. Il ne s’agit pas seulement de faire appliquer les recommandations, mais d’aider l’équipe à comprendre ses résultats, à lire ses indicateurs et à convertir les constats en plans d’action concrets. Cette dimension est particulièrement importante pour inscrire durablement l’évaluation dans la culture du service.
Le leadership des cadres
Le chapitre 2 confirme que les cadres de santé sont des acteurs essentiels de la sécurité des soins. Leur responsabilité ne se limite pas à l’encadrement hiérarchique : ils organisent la coordination, soutiennent la maîtrise des risques et rendent possible une dynamique d’amélioration continue au sein des équipes. Ils sont aussi ceux qui assurent l’interface entre les exigences de la HAS et les contraintes réelles du terrain.
En pratique, leur action peut se résumer en cinq verbes : coordonner, sécuriser, contrôler, soutenir et faire progresser. Coordonner les acteurs et les parcours, sécuriser les étapes à risque, contrôler l’application des règles, soutenir les professionnels dans les situations complexes et faire progresser les pratiques à partir des retours d’expérience. C’est cette capacité à relier la stratégie à l’opérationnel qui fait du cadre de santé un maillon décisif du chapitre 2.

Ainsi, le chapitre « équipes de soins » du référentiel HAS 2027 rappelle que la qualité repose d’abord sur le collectif, la coordination et la maîtrise des risques. Dans ce cadre, les cadres de santé apparaissent comme des acteurs clés du passage entre les exigences du référentiel et la réalité du soin.
En pratique, cela signifie qu’ils ne sont pas seulement des relais administratifs ou organisationnels. Ils occupent une fonction de traduction très concrète : rendre les critères compréhensibles, les intégrer dans les routines de service et s’assurer qu’ils se retrouvent dans les pratiques quotidiennes. Leur rôle est donc de faire passer une logique de texte à une logique d’action, en aidant les équipes à transformer des exigences normatives en gestes professionnels, en transmissions fiables et en organisations robustes.
Cette position est particulièrement importante dans un chapitre qui insiste sur la coordination. La qualité des soins ne dépend plus d’un professionnel isolé, mais de la capacité des acteurs à travailler ensemble, à partager les informations utiles et à anticiper les ruptures de parcours. Le cadre de santé est précisément celui qui peut organiser cette cohérence, repérer les points de fragilité, fluidifier les interfaces entre métiers et garantir que chacun sache ce qu’il a à faire, quand et avec qui. Vaste chantier.
Bibliographie
Haute Autorité de Santé. (2026, 24 juin). Mettre en œuvre le 6e cycle de certification. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3563407/fr/mettre-en-oeuvre-le-6e-cycle-de-certificationhas-sante
Cet article a été rédigé par l’auteur, avec l’appui de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la structuration et à la reformulation.


