Les GHT invités à franchir un cap territorial
À l’occasion des dix ans des groupements hospitaliers de territoire, Stéphanie Rist leur demande d’accélérer leur intégration. La circulaire publiée fin juillet 2026 (1) donne un cap clair : renforcer les coopérations, mieux organiser les parcours et consolider les liens avec les acteurs de proximité, dont le médico-social.
Créés pour structurer l’offre publique de soins à l’échelle d’un territoire, les GHT sont désormais incités à aller plus loin que la seule mutualisation interne. La circulaire demande à chaque groupement de réaliser un autodiagnostic, puis de bâtir un plan d’action autour de deux axes majeurs : l’efficience des organisations et la gradation des soins.
Le texte ministériel insiste aussi sur le renforcement des synergies avec les acteurs de l’offre de soins de proximité, comme les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les maisons et centres de santé, ainsi que le Service d’Accès aux Soins (SAS).
Le médico-social n’est pas cité comme un simple partenaire périphérique : il s’inscrit dans la logique de parcours, d’orientation et de continuité des prises en charge que la circulaire veut consolider.
Cette orientation s’appuie sur un constat déjà connu. Le bilan d’étape de l’IGAS sur les GHT montrait que la majorité des groupements avait déjà engagé des liens avec le secteur médico-social, en particulier pour fluidifier les parcours des personnes âgées et des patients aux besoins complexes (2).
Concrètement, ce qui change aujourd’hui, ce n’est pas tant l’existence de ces coopérations que leur niveau d’exigence. Elles devraient désormais être davantage formalisées, davantage suivies et davantage intégrées aux stratégies de territoire. Autrement dit, ce qui relevait souvent d’initiatives locales pourrait devenir une attente plus systématique, portée par les ARS et inscrite dans les plans d’action des GHT.
Pour les cadres de santé, l’enjeu est donc moins de découvrir cette logique que de l’opérationnaliser dans un cadre plus structuré. Cela suppose de contribuer à des parcours mieux coordonnés, de travailler plus étroitement avec les partenaires du territoire et de participer à une gouvernance territoriale plus lisible.

Concrètement, cela pourrait changer plusieurs choses :
Une place plus explicite du médico-social dans les instances et les projets de territoire.
Des coopérations davantage organisées, tracées et évaluées, au lieu de dépendre surtout des initiatives locales.
Une logique de parcours plus assumée, avec des interfaces mieux définies entre hôpital, EHPAD, services à domicile et autres partenaires.
Des missions de coordination plus lisibles pour les cadres, avec potentiellement plus de responsabilité dans l’animation des liens territoriaux.
Des outils communs à développer, par exemple sur les protocoles, les parcours complexes, les sorties d’hospitalisation ou les situations de crise.
Autrement dit, ce n’est pas forcément une révolution de terrain partout, mais plutôt un changement d’échelle et de cadrage : ce qui se faisait déjà dans certains endroits pourrait devenir une orientation plus officielle, attendue et pilotée à l’échelle des territoires. Affaire à suivre.
N Renou
Bibliographie
1 - Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées. (2026, 29 juillet). Circulaire n° DGOS/GOUV/2026/105 du 29 juillet 2026 relative aux groupements hospitaliers de territoire (GHT). Bulletin officiel. https://bulletins-officiels.social.gouv.fr/circulaire-ndeg-dgosgouv2026105-du-29-juillet-2026-relative-aux-groupements-hospitaliers-de-territoire-ght
2 - Inspection générale des affaires sociales. (2024). Bilan d’étape des groupements hospitaliers de territoire (GHT). https://igas.gouv.fr/Bilan-d-etape-des-groupements-hospitaliers-de-territoire-GHT
3 - Ministère des Solidarités et de la Santé. (s. d.). GHT : vade-mecum. https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/ght_vademecum-2.pdf
Cet article a été rédigé par l’auteur, avec l’appui de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la structuration et à la reformulation.


