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IPA : la formation encadrée pour prescrire des antibiotiques après TROD

  • 12 août
  • 3 min de lecture

Publié au Journal officiel du 11 août 2026, un arrêté du 7 août précise les modalités de formation spécifiques des infirmiers en pratique avancée (IPA) autorisés à prescrire certains antibiotiques à l’issue d’un test rapide d’orientation diagnostique (TROD). Le texte vient compléter le cadre ouvert par l’arrêté du 25 avril 2025 et sécurise une pratique appelée à se développer dans les parcours coordonnés.

L’objectif est clair : permettre une prise en charge plus rapide de certaines infections fréquentes, tout en garantissant un haut niveau d’exigence clinique et pédagogique. L’arrêté encadre ainsi à la fois les situations concernées, les compétences attendues et les conditions de réalisation des tests.


Deux situations cliniques ciblées

Le texte vise deux indications précises : l’angine chez le patient de plus de 10 ans, et la cystite chez la femme âgée de 16 à 65 ans, en l’absence de facteur de risque de complication.

Pour chacune, des logigrammes décisionnels sont annexés à l’arrêté afin d’aider l’IPA à déterminer si le TROD peut être réalisé et si une prescription antibiotique est justifiée.

Cette approche repose sur une logique de tri clinique préalable. Avant de procéder au test, l’IPA doit vérifier l’absence de critères d’exclusion, de signes de gravité ou d’éléments cliniques incompatibles avec ce mode de prise en charge.


Une formation centrée sur le raisonnement clinique

La formation imposée par l’arrêté ne se limite pas à l’usage technique du test. Elle porte aussi sur l’interprétation des résultats, l’analyse clinique préalable et la conduite à tenir selon les situations rencontrées. Les contenus mentionnés incluent la recherche des critères d’exclusion à l’interrogatoire, à l’examen clinique et à l’examen des amygdales, ainsi que l’évaluation des signes de gravité.

Le texte prévoit également que la formation doit permettre à l’IPA de décider, selon le résultat du TROD, s’il convient de prescrire un antibiotique, de prodiguer des conseils généraux ou d’adresser le patient à un médecin. Cette structuration renforce la place du raisonnement infirmier avancé dans la prise en charge initiale.


Deux cahiers des charges distincts

L’arrêté distingue deux cadres de formation : l’un pour les TROD angine à streptocoque du groupe A, l’autre pour le test urinaire d’orientation diagnostique recherchant au minimum la nitriturie et la leucocyturie. Chacun est défini par un cahier des charges spécifique figurant en annexe.

Cette dissociation témoigne d’une volonté d’adapter la formation au contexte clinique et au type de prélèvement. Elle permet aussi de mieux sécuriser les pratiques en tenant compte des spécificités de chaque infection ciblée.





Des dispenses partielles possibles

L’article prévoit enfin une dispense totale ou partielle de la formation lorsque l’IPA a déjà validé une formation comparable dans le cadre de protocoles de coopération existants. Sont concernés les protocoles relatifs à l’odynophagie et aux symptômes urinaires chez la femme, menés par un pharmacien ou un infirmier dans une structure d’exercice coordonné ou une CPTS.

Cette disposition limite les redondances de formation et reconnaît les compétences déjà acquises dans les dispositifs de coopération territoriale. Elle favorise aussi l’articulation entre les différentes formes d’exercice coordonné.


Un signal pour l’organisation des soins

Au-delà du cadre réglementaire, cette évolution traduit une montée en puissance des IPA dans la prise en charge de proximité. Elle suppose cependant une organisation rigoureuse : identification des professionnels concernés, adaptation des parcours de formation, harmonisation des pratiques et sécurisation des procédures de prescription.

Pour les établissements de santé, les structures de soins coordonnés et les CPTS, cet arrêté constitue un repère utile pour intégrer les IPA dans une stratégie de coopération interprofessionnelle plus lisible. Il confirme aussi la place croissante des compétences avancées dans la réponse aux besoins de premier recours.

En pratique, ce texte marque une étape supplémentaire dans la reconnaissance du rôle des IPA, en leur donnant un cadre clair pour intervenir dans des situations ciblées, tout en maintenant un haut niveau d’exigence clinique et de sécurité.


Toutes ces informations sont à retrouver sur le site du ministère de la santé. N Renou

 


Bibliographie

Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles. (2026, 7 août). Arrêté fixant les modalités de formation spécifique des infirmiers en pratique avancée pour la prescription de traitements antibiotiques pour des infections identifiées à l’aide de tests rapides d’orientation diagnostique. Journal officiel de la République française disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/download/file/IWr-UZRDtJUiOWDsuyhoOyrFi06kv4uNmW1FL3_nvcg=/JOE_TEXTE

Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles. (2025, 25 avril). Arrêté modifiant l’arrêté du 18 juillet 2018 fixant les listes permettant la prescription par les infirmiers en pratique avancée. Journal officiel de la République française.

Haute Autorité de Santé. (s. d.). Tests rapides d’orientation diagnostique (TROD). https://www.has-sante.fr/

Ordre national des infirmiers. (2025, 24 avril). Arrêté du 25 avril 2025 modifiant l’arrêté du 18 juillet 2018 fixant les listes permettant la prescription par les IPA. https://www.ordre-infirmiers.fr/

Agence nationale du développement professionnel continu. (s. d.). Développement professionnel continu des infirmiers en pratique avancée. https://www.agencedpc.fr/


 Cet article a été rédigé par l’auteur, avec l’appui de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la structuration et à la reformulation.

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