Formation IDE : des ajustements de capacités autour des places « Ségur »
- 22 juil.
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Plusieurs régions et instituts ont fait le choix de revoir à la baisse, pour la rentrée 2026, les places créées dans les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) au titre du Ségur de la santé. En cause : l’absence de garantie de financement pérenne de l’État sur l’ensemble du cursus de formation, qui s’étend sur trois ans.
Une situation territoriale contrastée
En Bretagne, 230 places supplémentaires ne sont pas maintenues, pour le moment, soit 16% de l’offre concernée. La question du maintien de ces capacités a été portée au niveau parlementaire, avec une alerte sur le fait que l’État n’aurait pas assuré le financement intégral du parcours de formation sur trois ans.
Dans d’autres territoires, les choix ont divergé. Certaines régions ont supprimé ou réduit leurs capacités, tandis que d’autres ont préféré les maintenir, en acceptant une part de risque financier pour préserver l’offre de formation et répondre aux besoins du territoire, à l’image des Pays de la Loire.
Un enjeu de financement durable
Au-delà des chiffres, cette évolution interroge la continuité du soutien public aux formations sanitaires et sociales. Les régions et les instituts rappellent, à juste titre, la nécessité d’une visibilité pluriannuelle pour pouvoir engager durablement les promotions ouvertes, alors que l’État met en avant les crédits inscrits et les versements réalisés en 2026. Deux visions, deux discours qui s’opposent.

Cette contraction des capacités de formation intervient alors même que la formation infirmière entre dans une nouvelle phase de transformation avec l’entrée en vigueur du référentiel IDE 2026. Le nouvel arrêté du 20 février 2026 actualise le diplôme d’État d’infirmier et renforce la formation, notamment avec 4 620 heures au total, une approche par compétences consolidée et un volume important d’enseignements cliniques et pédagogiques à repenser, à créer.
Ce nouveau cadre, plus exigeant sur le plan clinique, des stages et de l’accompagnement des compétences, requiert des équipes pédagogiques stables, des cadres de santé formateurs en nombre suffisant et des terrains de stage en capacité d’accueillir les étudiants dans de bonnes conditions.
D’un côté, l’État propose enfin une vision du métier d’infirmier plus en adéquation avec la réalité du terrain et les besoins du système de santé. De l’autre, les moyens nécessaires ne semblent pas toujours au rendez-vous pour permettre aux équipes pédagogiques, et en particulier aux cadres de santé formateurs, d’assurer pleinement l’intégration des étudiants et un accompagnement de qualité.
Dans ce contexte, les arbitrages budgétaires régionaux interrogent non seulement le financement des places, mais aussi la pérennité du modèle de formation infirmière, au regard des évolutions pédagogiques et des besoins croissants en professionnels de santé. Un sujet à suivre de près.
N Renou
Sources :
Assemblée nationale. (2026, 2 juin). Question n°15678 : Nécessaire maintien des places en formation sanitaires et sociales. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/questions/QANR5L17QE15678
France 3 Régions. (2026, 6 juin). Les écoles d’infirmiers auront 230 places de moins à offrir cette année en Bretagne. https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/on-ne-peut-pas-dire-que-la-sante-est-une-priorite-et-prend...
Sénat. (2026, 24 avril). Formation des étudiants en soins infirmiers : l’État doit être au rendez-vous. https://www.senat.fr/questions/base/2026/qSEQ260408551.html
Cet article a été rédigé par l’auteur, avec l’appui de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la structuration et à la reformulation.


