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CNH 2026 : construire avec les personnes concernées

7 sept.
4 min de lecture

Réunie le 4 septembre 2026, la Conférence nationale du handicap a fixé une nouvelle feuille de route pour les trois prochaines années. Son ambition : passer d’une société inclusive à une société pleinement accessible, en associant les personnes en situation de handicap à la conception, au suivi et à l’évaluation des politiques qui les concernent.

 

Une approche décloisonnée

Les échanges ont rappelé que le handicap ne relève pas d’un seul ministère ni d’un seul secteur. Il concerne l’école, la formation, l’emploi, la santé, le logement, les transports, la culture, le sport et l’ensemble des lieux de vie.

Cette approche transversale apparaît indispensable pour mieux accompagner les parcours de vie. Les besoins des personnes ne s’arrêtent pas aux frontières administratives ou institutionnelles. Ils nécessitent, au contraire, une coopération entre les différents acteurs et une continuité des réponses proposées.

La conférence a ainsi mis en avant la nécessité d’une action publique davantage coordonnée, capable de prendre en compte les transitions qui jalonnent la vie : enfance, adolescence, scolarité, accès à l’emploi, vie adulte, vieillissement et perte éventuelle d’autonomie.


« Les échanges ont également rappelé que les politiques du handicap ne peuvent être pensées de manière sectorielle : les parcours de vie traversent les institutions et les ministères, tandis que l’accessibilité conçue pour les personnes en situation de handicap améliore aussi le quotidien des personnes âgées, des aidants et de l’ensemble de la population. »

 

Vieillissement et handicap

L’un des enjeux mis en avant concerne le vieillissement des personnes en situation de handicap. Cette réalité invite à mieux anticiper l’évolution des besoins et à adapter les accompagnements dans la durée.

La question du vieillissement ne peut être dissociée de celle de l’accessibilité. Une ville adaptée aux personnes en situation de handicap est également une ville plus accessible aux personnes âgées, aux personnes fragilisées et, plus largement, à toutes celles et ceux qui rencontrent temporairement ou durablement des difficultés dans leur quotidien.

Les logements, les espaces publics, les transports, les services et les outils numériques doivent donc être pensés selon une logique d’accessibilité universelle. L’objectif n’est pas seulement de compenser les difficultés individuelles, mais de construire un environnement qui facilite réellement la participation de chacun à la vie sociale.


La place des aidants et des professionnels

La conférence a également rappelé que les politiques du handicap ne peuvent être pensées sans prendre en compte celles et ceux qui accompagnent les personnes au quotidien. Les proches aidants, les professionnels de santé, les professionnels du social et du médico-social jouent un rôle essentiel dans la continuité des parcours.

Leur situation constitue cependant un enjeu à part entière. Fatigue, charge mentale, difficultés de recrutement, manque d’attractivité des métiers et besoin de reconnaissance fragilisent les capacités d’accompagnement. Soutenir les personnes en situation de handicap suppose donc aussi de soutenir les professionnels et les aidants.

Cette dimension renvoie directement aux enjeux actuels du système de santé et de l’accompagnement : améliorer les conditions de travail, renforcer la formation, valoriser les métiers et développer des coopérations plus étroites entre les différents secteurs.


Des engagements à rendre concrets

Les documents mettent en évidence l’écart qui peut exister entre les orientations annoncées et leur mise en œuvre concrète. Les discours donnent une direction et les engagements fixent un cap, mais les progrès seront réellement mesurés dans la vie quotidienne des personnes et dans les réponses apportées sur les territoires.

La réussite des politiques annoncées dépendra donc de leur traduction opérationnelle : accessibilité effective, accompagnement adapté, coordination des acteurs, soutien aux aidants et participation réelle des personnes concernées aux décisions qui les touchent.

La présence de plusieurs ministères et la volonté de les faire travailler ensemble constituent un signal important. Toutefois, cette coopération devra se poursuivre au-delà de la conférence et se traduire dans les organisations, les financements et les pratiques professionnelles.



Une parole désormais incontournable

La participation des personnes concernées ne peut plus être considérée comme un simple principe ou comme une étape consultative. Leur expérience, leurs compétences et leur regard doivent être intégrés dès la conception des projets et des politiques publiques.

La mention de la paralysie cérébrale dans les échanges illustre également l’importance de rendre visibles des situations encore trop souvent méconnues. Donner une place à ces réalités dans le débat public contribue à faire évoluer les représentations et à mieux prendre en compte la diversité des situations de handicap.

La CNH 2026 rappelle ainsi une exigence essentielle : penser l’avenir avec les personnes concernées, et non à leur place. La véritable réussite des engagements annoncés se mesurera à leur capacité à transformer durablement les parcours de vie, les environnements et les pratiques professionnelles.


Un dossier spécial dans JDCS

Cette thématique fera l’objet d’un dossier spécial dans le JDCS n° 4, en 2027. Il approfondira notamment les enjeux liés à l’accessibilité, à l’inclusion et à la participation des personnes en situation de handicap dans les secteurs sanitaire et médico-social.

Une attention particulière sera consacrée à l’inclusion des professionnels de santé en situation de handicap : accès aux études et à la formation, recrutement, aménagement des postes, maintien dans l’emploi, évolution professionnelle et accompagnement des équipes.

Les retours d’expérience des établissements, des équipes et des professionnels concernés sont les bienvenus. Ils permettront de mieux rendre compte des initiatives existantes, des leviers mobilisés et des difficultés encore rencontrées sur le terrain.

Cette démarche s’inscrit pleinement dans les orientations de la CNH 2026, qui affirme la nécessité de construire les politiques publiques avec les personnes concernées, de développer l’accessibilité et de renforcer la formation des professionnels de santé. La CNH prévoit notamment une meilleure sensibilisation des professionnels de santé aux spécificités de l’accompagnement des personnes en situation de handicap, ainsi qu’un renforcement de l’accès à la formation et à l’emploi. Le coordinateur de ce dossier sera : Jérémy Maroquesne.


Vous souhaitez partager une expérience, une initiative ou une réflexion sur l’inclusion des professionnels de santé en situation de handicap ? N’hésitez pas à nous contacter pour contribuer à ce dossier.

 

Source :

Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. (2026, 4 septembre). Conférence nationale du handicap 2026 : Dossier de presse. Gouvernement. https://solidarites.gouv.fr/


N Renou


Cet article a été rédigé par l’auteur, avec l’appui de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la structuration et à la reformulation.

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