Certification HAS 2027 : le chapitre 1 « patient » place les cadres de santé au cœur de la qualité réelle des soins
Le chapitre 1 consacré au patient ne se limite plus à rappeler des principes : il impose d’évaluer ce que vit réellement la personne soignée, de ses droits à son engagement dans le projet de soins, jusqu’à sa participation à la vie de l’établissement. Cette évolution renforce la place des cadres de santé, devenus des acteurs clés de l’appropriation des critères, de la cohérence des pratiques et du pilotage quotidien de l’expérience patient.
Le patient, fil conducteur
Le chapitre 1 fait du patient le point d’ancrage de la certification. La logique n’est plus seulement de vérifier des organisations, mais d’apprécier des résultats visibles pour le patient : respect de ses droits, qualité de l’information, prise en compte de ses besoins et capacité à participer à son parcours. Cette approche traduit un changement de paradigme, où la qualité se mesure à partir du vécu réel et non plus seulement à partir de la conformité formelle.
Pour les cadres de santé, cette orientation change la nature du pilotage. Il ne s’agit plus uniquement d’encadrer l’activité, mais de garantir que les pratiques du quotidien produisent des effets concrets pour le patient. Le cadre devient ainsi un traducteur opérationnel du référentiel, entre les attendus de la HAS et la réalité des unités de soins.
Les droits du patient
L’objectif 1.1 rassemble les critères relatifs aux droits fondamentaux du patient : intimité, dignité, confidentialité, directives anticipées, douleur, maltraitance, décès et restrictions de liberté. Plusieurs de ces critères sont impératifs, ce qui souligne leur caractère non négociable dans l’évaluation. La HAS attend ici non seulement des politiques et des procédures, mais surtout une application concrète, observable et traçable au lit du patient.
Le rôle du cadre de santé est central dans cette exigence. Il lui revient de s’assurer que les équipes appliquent les bonnes pratiques dans les situations les plus sensibles, qu’elles connaissent les conduites à tenir et qu’elles savent les tracer dans le dossier. Il convient ainsi de repérer les écarts, corriger les habitudes non conformes et maintenir une vigilance particulière sur les situations à risque, notamment la douleur, la maltraitance et les mesures restrictives.
L’information du patient
L’objectif 1.2 porte sur l’information du patient tout au long du parcours. Le référentiel attend une information claire, adaptée et compréhensible sur le séjour, la prise en charge, la sortie, les droits et obligations, ainsi que sur tout évènement indésirable associé aux soins. L’enjeu n’est pas seulement de transmettre une information, mais de s’assurer qu’elle est réellement comprise et utilisable par le patient.
Dans ce domaine, le cadre de santé joue un rôle de garant de cohérence. Il veille à la présence de supports adaptés, à la qualité des messages transmis par les professionnels et à la fluidité des relais entre les différents temps du parcours. En cas d’évènement indésirable, il contribue à installer une culture de transparence et de déclaration, sans banalisation ni évitement.
L’engagement dans le projet de soins
L’objectif 1.3 marque une évolution majeure : le patient devient acteur de son projet de soins. Le référentiel valorise le consentement libre et éclairé, l’adaptation aux besoins, la prise en compte des vulnérabilités, l’implication des proches et des aidants, ainsi que la prévention ciblée des facteurs de risque. La décision partagée et la personnalisation du parcours deviennent ainsi des attendus explicites de la certification.
Le cadre de santé a ici une mission de facilitation. Il doit créer les conditions d’une parole patient réellement prise en compte, soutenir les professionnels dans l’élaboration de projets personnalisés et veiller à la coordination avec les autres acteurs impliqués. Il doit aussi porter une attention particulière aux situations de vulnérabilité, qu’il s’agisse du grand âge, du handicap, de la santé mentale ou de l’hospitalisation à domicile.
L’expérience et la participation
L’objectif 1.4 élargit le regard de la certification à la vie de l’établissement. La satisfaction, l’expérience vécue, les questionnaires, les patients partenaires et les représentants des usagers deviennent des outils de pilotage et d’amélioration. La logique est claire : la parole du patient ne sert pas seulement à mesurer un niveau de satisfaction, elle nourrit les actions d’amélioration et les transformations organisationnelles.
Pour les cadres de santé, cela signifie qu’ils doivent faire vivre les retours des patients dans les équipes et les traduire en actions concrètes. Ils participent à l’analyse des résultats, à l’appropriation des verbatim et à la mise en place de plans d’amélioration. Ils deviennent ainsi des relais entre l’expérience du patient et les ajustements du fonctionnement des unités.

Le leadership des cadres
Le chapitre 1 confirme que les cadres de santé occupent une place stratégique dans la certification. Ils sont à l’interface entre la gouvernance, les équipes et les patients, et doivent garantir que les exigences du référentiel se traduisent en pratiques visibles et durables. Leur rôle ne se limite pas à préparer une visite, mais à inscrire dans le quotidien une culture du soin centrée sur le patient.
Concrètement, cela suppose cinq missions opérationnelles : organiser, former, observer, tracer et corriger. Organiser les conditions de prise en charge, former les équipes aux situations sensibles, observer les écarts, assurer la traçabilité et corriger les dysfonctionnements. C’est cette capacité à faire tenir ensemble les exigences du texte et les réalités du terrain qui fait du cadre un acteur central de la qualité.
Ainsi, le chapitre « patient » du référentiel HAS 2027 donne une traduction très concrète de la qualité des soins : droits, information, engagement et participation ne sont plus des principes généraux, mais des critères évaluables. Dans cette architecture, le cadre de santé devient un pivot opérationnel, garant de la cohérence des pratiques et de la réalité du vécu patient.
BIBLIOGRAPHIE
Haute Autorité de Santé. (2026, 24 juin). Mettre en œuvre le 6e cycle de certification. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3563407/fr/mettre-en-oeuvre-le-6e-cycle-de-certification
Cet article a été rédigé par l’auteur, avec l’appui de l’intelligence artificielle comme outil d’aide à la structuration et à la reformulation


